Devenir membre
  • fr
  • nl
  • Bruxelles, le 10 décembre 2025 – Comme chaque année, l’UPTR a fait analyser les comptes annuels (2024) de plus de 5.000 sociétés de transport et de logistique afin de disposer d’une vision approfondie de l’état de santé financière du secteur Transport & Logistique.

    Depuis 2016, l’UPTR mandate annuellement le bureau d’audit et de conseil financier BDO afin qu’il passe en revue les comptes des quelques 5.000 sociétés du transport qui déposent leurs comptes annuels à la Banque Nationale de Belgique.

    Pour la fédération, l’utilité de cet exercice financier rigoureux n’est plus à démontrer : disposer de chiffres objectifs permettant à l’UPTR de défendre solidement ses arguments dans la mission de lobby qui est la sienne.

    Puisque la mission de l’UPTR vise tant la défense professionnelle du secteur du transport que celle de la logistique, le périmètre de l’étude intègre logiquement les logisticiens. La présente analyse du secteur « Transport et Logistique » (« T&L ») s’intéresse donc aux comptes annuels (déposés à la BNB fin juillet 2024) des entreprises belges ayant pour code NACE principal le code « 494 – Transports routiers de fret et services de déménagement », mais aussi les codes « 521 – Entreposage et stockage » ainsi que « 522 – Services auxiliaires des transports ». Un tel regroupement semble par ailleurs faire sens « statistiquement », puisqu’une étude complémentaire réalisée par BDO en 2024, spécifiquement sur la logistique, avait démontré la corrélation quasi parfaite entre la réalité économique des entreprises de transport avec celles actives exclusivement dans la logistique.

    1. Indicateurs de liquidité  

    En 2024, le délai moyen de paiement accordé aux clients confirme le niveau observé en 2023, soit 53 jours (ou encore, 4 jours de moins qu’il y a 3 ans), ce qui est appréciable pour la trésorerie des acteurs du secteur. Quant au délai moyen accordé par les fournisseurs, il évolue favorablement en 2024 en redépassant à nouveau la barre des 50 jours.

    Sur cette base, les entreprises du secteur remboursent leurs fournisseurs sous un délai moyen inférieur de deux jours à celui consenti à leurs clients, ce qui confirme l’existence d’un besoin résiduel de trésorerie (bien que celui-ci tende à diminuer en 2024). Par ailleurs, si les clients paient en général plus lentement que dans d’autres secteurs, les acteurs du transport et de la logistique bénéficient en contrepartie de délais fournisseurs proportionnellement plus longs.

    2. Indicateurs de solvabilité  

    En 2024, le ratio de solvabilité du secteur Transport et Logistique (43 %) enregistre une légère hausse de 1% (100 points de base), restant néanmoins toujours inferieur à la moyenne belge (proche de 50%), mais confirmant la tendance haussière observée depuis 2021.

    En outre, notons la hausse, particulièrement depuis 2023, de la proportion d’entreprises du secteur avec des fonds propres négatifs, atteignant un nouveau « record » en 2024 (près de 11%).

    Corrélativement, selon les chiffres de l’ITLB (2025), le nombre de faillites dans le secteur suit une tendance haussière sur ces 3 dernières années, pour atteindre 307 en 2024 (contre 277 en 2023 et 233 en 2022).

    3. EBITDA sur ventes (%)

    La marge EBITDA du secteur, qui s’établissait à des niveaux records en 2020 et 2021 (sous l’impulsion notamment du commerce en ligne, exacerbé en période Covid), confirme depuis 2022 la pression liée à la hausse des coûts, avec une marge au plus bas sur 5 ans en 2024, passant sous la barre des 8%.

    4. Indicateurs de rentabilité

    En 2024, la rentabilité des fonds propres (12%) continue de se dégrader, sous l’effet de la pression issue des charges fixes en ce compris les charges d’intérêt, combinées à un ralentissement sectoriel. Ce ralentissement s’illustre notamment par le nombre de faillites, ainsi que par une stagnation du transport routier de marchandises en Europe (-0,7% en tonnage en 2024, selon les chiffres d’Eurostat).

    5. Conclusions

    Alexandre Streel (Partner) et Maxime Ledent (Senior Manager Deal & Valuation Advisory) de chez BDO synthétisent ce bilan financier : « Nos observations pour 2024 confirment et accentuent celles de l’an dernier : le secteur Transport et Logistique reste confronté à une rentabilité en baisse, un désendettement prudent face à la hausse des taux, et une fragilisation croissante d’une partie des acteurs, comme en témoignent l’augmentation des faillites et la part accrue d’entreprises aux fonds propres négatifs.

    Si la liquidité demeure globalement saine et la valeur ajoutée par travailleur stable (en euros constants), la pression sur les marges, la pénurie de main d’œuvre et les besoins d’investissement liés à la transition énergétique soulignent plus que jamais l’enjeu d’une adaptation stratégique et organisationnelle pour retrouver une trajectoire pérenne. »

    Michaël Reul, Secrétaire Général de l’UPTR analyse : « Ni les chiffres de Viapass sur le nombre de kilomètres parcourus par les camions sur le réseau soumis à la taxation kilométrique, ni le nombre de litres de diesel tankés en Belgique ne permettent de mesurer les taux de chargement et la rentabilité des entreprises de transport et de logistique.

    La stagnation cumulative de ces deux données permet uniquement de conclure que la sante économique globale n’est pas florissante.

    Dans ce contexte peu favorable, les conclusions de BDO sont sans surprises : le chiffre d’affaires des entreprises du secteur Transport & Logistique s’inscrit en stagnation et les marges bénéficiaires en berne…

    Les conséquences se voient désormais de manière tangible dans les chiffres de l’ITLB.

    La croissance du nombre d’entreprises de transport semble atteindre son apogée, avec un point (qu’on peut espérer culminant) à 10.938 entreprises au 1er janvier 2025. Avec la faillite de 284 entreprises au terme du 3ème trimestre 2025 (+ 41% par rapport à la même période en 2023), les voyants sont désormais passés au rouge.

    Pour les transporteurs, la machine économique se grippe au plus mauvais moment : Précisément, à l’heure où des marges bénéficiaires justes et équitables devraient permettre aux transporteurs d’envisager la transition énergétique de manière sereine.

    Dans l’attente de jours meilleurs, la chasse aux liquidités est ouverte !

    Le dossier complet de l’autopsie de l’année 2024 est disponible ici.

    À propos de l’UPTR
    En tant que fédération professionnelle nationale reconnue, l’Union Professionnelle du Transport et de la Logistique (UPTR) défend les intérêts économiques du secteur du transport et de la logistique en Belgique depuis 1937. L’organisation patronale représente de manière constructive les indépendants et les entreprises dans les dossiers de lobbying sur les questions économiques, fiscales, sociales et environnementales. L’UPTR est le point de contact central de pas moins de 2.300 entreprises du secteur du transport et de la logistique. La fédération professionnelle informe ses membres de manière transparente des évolutions du secteur par le biais de son propre magazine et de ses mailings ‘flash’.  De plus, de nombreux services sont proposés par l’UPTR à ses membres, comme entre autres, son service juridique spécialisé, la récupération des accises ‘diesel professionnel’ et de la TVA, la fourniture de lettres de voiture CMR et de boitiers de paiement des routes à péages.

    A propos de BDO
    BDO Belgique est une organisation de conseil active au niveau international et jouissant d’une solide réputation dans le domaine des services financiers (Audit & Assurance, Tax & Legal, Accounting & Reporting) et des conseils complémentaires et spécialisés pour soutenir les clients vers une croissance numérique et durable (Advisory). Pour ce faire, elle les guide notamment dans les exercices de stratégie, la transformation numérique, l’optimisation des processus, les processus de changement et de durabilité, la finance durable, les conseils financiers, les fusions & acquisitions et la gestion des risques. L’organisation conseille et assiste une large clientèle composée de grandes entreprises internationales, de PME (familiales) et de particuliers.

    En Belgique, BDO compte plus de 950 partners et collaborateurs à travers le pays. BDO Belgique travaille à partir de 12 bureaux et s’appuie sur un solide réseau international qui opère dans 164 pays et qui rassemble une équipe experte de plus de 110.000 partners et collaborateurs.